Cimetière des Batignolles. L’épouse de l’ancien ministre d'État chargé de l'Administration territoriale et de la Décentralisation a été inhumée jeudi 31 août dans un cimetière du 17ème arrondissement à Paris.

L’ombre de Marafa Hamidou Yaya plane sur les obsèques de son épouse Jeannette Noora. "Je suis Marafa", ce message écrit sur un bout de papier blanc et brandi à côté du cercueil de la défunte et également devant son tombeau, par une jeune femme visiblement de la famille, en dit long sur l’absence du ministre d'État chargé de l'Administration territoriale et de la Décentralisation aux obsèques de son épouse. L’hymne national du Cameroun entonné avant l’inhumation par le pasteur Ewelle, officiant de la cérémonie, n’est sans doute pas anodin. Jeudi 31 août, cimetière des Batignolles situé au 56 Avenue de la Grande Armée à Paris, on pleure Noora (la lumière en peulh), Mami Jea...

 

Mais, on regrette surtout l’absence de sa tendre moitié. Oui sa tendre moitié. Car selon des proches, Jeannette Marafa était le socle sur lequel reposait son mari. Même rongée par la maladie, un cancer qu’elle a combattu durant 5 ans, elle trouvait toujours la force de se lever quand il s’agissait de parler de son homme. De défendre ses droits. Se sentant condamnée, la défunte confie à son entourage, sa peine de partir sans revoir "son ami", comme elle appelait son époux avec qui elle a partagé une trentaine d’années. Oui, l’ombre de M. Marafa plane sur les obsèques de son épouse. Pour plaire au prince d’Etoudi, certains proches de la famille, nous dit-on, ont brillé par leur absence… D’autres, bien que là, jouaient les discrets. Tout compte fait, la chapelle et le cimetière étaient plein de monde venus accompagner Mama Jea. Des membres de sa communauté chrétienne, des parents et amis. Au rang des personnes connues, Albert Dzongang, Sam Mbédé, Denise Epote, Lydienne Eyoum… Dans les nombreux témoignages, Jeannette Marafa avait de grandes qualités humaines. Elle était aussi fortement attirée par l’art. « Une maman adorable qui a surtout bien élevé ses trois enfants », confie son fils Fayçal. D’obédience protestante, jeannette était pourtant ouverte aux autres religions. Surtout la religion musulmane, celle de son époux incarcéré. Combattante infatigable. « Elle était une stratège, le cœur de M. Marafa. Elle s’est battue pour que son procès ne soit pas une banale affaire. Aujourd’hui nous nous sentons seuls dans notre combat», explique Didier Engo, pré- sident du Comité de libération des prisonniers politiques. « Mais, pour sa mémoire nous allons redoubler d’effort afin que justice soit faite sur les procès politiques au Cameroun », rajoute son épouse Fabienne. Au revoir En guise d’au revoir, M. Marafa Hamidou Yaya a offert à sa défunte épouse le plus beau des cadeaux. Une prière dite par l’Imam Bassirou Touré. Une prière accompagnée par les enfants dont le stoïcisme a surpris. Sans une goutte de larmes, les deux filles et le fils Mafara ont accompagné leur maman dans la dignité. Pour M. Haman, frère cadet de M. Marafa l’heure n’est pas à la polémique. « Son époux a accepté que son épouse soit enterrée en France. Et a pris l’engagement de ramener ses restes au Cameroun dès que possible ». Après les obsèques, parents et amis se sont retrouvés à "l’Ambassade", un restaurant camerounais situé dans le 95. A l’endroit même où la défunte avait ses habitudes. Certains clients se rappellent de cette femme, qui riait de tout. Même du fait que durant ses derniers jours, elle s’appuyait sur une canne. « J’ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre », aimait-elle rappeler s’inspirant d’une citation de Nelson Mandela, qu’elle a rencontré de son vivant et à qui elle vouait un grand respect.

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Denise Epote et Mme Owona au Culte

Je suis marafa, message d'une parente de la défunte

Les enfants Marafa devant le cercueil de leur maman

Dernier hommage

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Cathy Yogo à Paris